Journées d’études organisées par l’Équipe d’accueil Histoire culturelle et sociale de l’art de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et le Centre d’histoire et de théorie des arts (CEHTA) de l’École des hautes études en sciences sociales

Coordinateurs : Valérie Boudier (CEHTA), Frédérique Desbuissons (CIRHAC), Jean-Claude Yon (CHCSC)

Institut national d’histoire de l’art, 2 rue Vivienne 75002 Paris
2526 septembre 2009

Appel à communications:

De la mania platonicienne au dionysiaque nietzschéen, l´ivresse a été longtemps pensée comme une forme de transcendance propre au créateur. Positive à la Renaissance, où elle favorise la connaissance du monde comme sa restitution libre, symbole de sincérité et révélatrice de vérités cachées, l’ivresse n’est devenue pleinement négative qu’à l’époque contemporaine.

Aujourd’hui réduite pour l’essentiel à l´état pathologique produit par la consommation excessive d´alcool, elle est envisagée dans ses relations à l´addiction et aux conduites à risque et figure depuis plus d´un siècle parmi les préoccupations majeures des politiques de santé publique. Lorsque les sciences sociales s’en emparent, c’est pour aborder ses motivations, ses causes et ses effets sous l´angle davantage médical que dans ses relations à la création. De leur côté, les historiens de l’art n’ont consacré que peu de travaux à l’ivresse, trop aisément assimilable à l’ivrognerie – traiter de l´artiste ivre, ne serait-ce pas renouer avec le mythe sentimental du bohème alcoolique ?

Pourtant, avant d´être cause ou conséquence négatives, l´ivresse peut être envisagée dans sa dynamique. Qu´elle résulte d´une expérience exaltante ou de l’absorption d’une substance psychotrope, que l´on y voit un moteur ou un facteur d´inhibition, l’ivresse est toujours prise entre effet et cause, gain et dépense. Elle est non seulement force de transformation, mais aussi distanciation, éloignement du réel et dépassement d´une norme qu´elle excède en qualité – le génie- ou en quantité – l´ivrogne.

Nous proposons donc d’étudier les relations de l’art, de l’alcool et de l’ivresse, en revenant sur les archétypes, les clichés et les lieux communs qui composent l´imaginaire de ce que l´on pourrait nommer la création ivre. Nous attachant prioritairement aux relations entre ivresse et inspiration, aux pratiques d´enivrement des artistes ainsi qu´aux discours sur l´ivresse dans ses relations à l’art, nous chercherons à comprendre comment l´alcool a contribué aux définitions de la fonction artistique dans les sociétés occidentales de la Renaissance au XXe siècle.

Les interventions pourront s´inscrire dans les axes thématiques suivants :

Personnifications de l´ivresse : Bacchus, Silène, Noé …
Excès et démesure : l´ivresse sublime
In vino veritas : ivresse et connaissance
Vin mauvais : l´ivresse improductive
Ivresses métaphoriques

Les propositions d’environ 300 mots seront envoyées avant le 30 avril 2009 sous forme électronique à : desbuissons@free.fr

 

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